17/11/2013

allaiter, mon expérience (épisode 3)

6 septembre 2012, 23h10, nous en avons versé des larmes tandis que notre merveille faisait son apparition, poussant son 1er cri - quelle émotion rien que d'y repenser !

Hélàs, beaucoup de merveilles firent leur apparition ce soir là, pour une sage-femme, une auxiliaire, et un médecin là au cas où - ce qui me valut d'entamer mon allaitement plutôt sous les pires auspices : on m'amena mon bébé, tout beau dans sa grenouillère pour la mise au sein. On me le mit dans les bras, ni plus ni moins, puis l'auxiliaire repartit aussitôt dans une autre salle d'accouchement. J'étais encore branchée aux machines : d'un pratique ! fatiguée, 20h après avoir perdu les eaux, j'eus espéré un peu plus d'aide....et ben non ! hormis celle de mon chéri, qui à ma demande, me retira tous les fils qui m'empêchaient de bouger - ce qui nous valut un regard assassin lorsque la sage-femme refit son apparition une demi-heure plus tard..

Voilà pour le commencement...

Une fois dans la chambre, j'ai eu droit à quasiment autant de conseils que de sages-femmes - toutes étaient néanmoins présentes et prévenantes - dans le service de maternité...une me dit d'allaiter à la demande : ok, ça m'allait très bien, c'est justement ce que l'on m'avait appris ! puis une autre me dit au maximum toutes les 4h, ce qui supposait de réveiller le bébé. "A chacun son métier" ai-je l'habitude de dire : j'écouta donc consciencieusement ce dernier conseil, et le 2e jour, je me réveilla à 4h du matin, réveilla mon bébé qui, je vous le donne en mille - s'endormit aussitôt sur le sein ! quant à moi, et bien j'ai eu beaucoup de mal à me rendormir et me retrouva encore plus fatiguée.

Des douleurs ont commencé à se faire sentir : j'envoya mon chéri acheter des bouts de sein en silicone, puis ce fut la montée de lait, encore plus douloureuse, à la fin du 3e jour.

et pourtant, c'est si doux...Quant à ma merveille, elle n'était pas très active sur le téton ! il avait bien compris le truc, mais n'était pas très fougueux : mon bébé têtait 5 mn, puis arrêtait, je changeais alors de sein, puis de position....rien à faire, 5 minutes de tétage sinon rien ! 4e jour : il perdit toujours du poids, ce qui commença par m'angoisser - je ne vous dis pas le coup de baby-blues...- c'est là que je demanda à repartir seulement le 5e jour, quand il prit 10g, inversant alors sa courbe de croissance.

5 jours plus tard, nous voilà donc dans notre home sweet home, prêts pour une nouvelle vie !

1ere visite chez le pédiatre 10 jours après : bébé a pris du poids, dans la moyenne, 20g par jour; j'allaitais strictement à la demande, plus de réveil nocturne : je fis en effet le choix de dormir - oh oui, dormiiiiiir ! - et de ne pas réveiller bébé, qui fit très rapidement des nuits de 8h non-stop !  Bébé n'était toujours pas très vigoureux sur le téton, il réclamait néanmoins sa dose toutes les 3 h environ....et visiblement, le pèse-bébé du pédiatre en attestait, il prenait ce qu'il fallait - bref, tout allait bien !

C'est à la visite du 1er mois que les pires auspices ont repris : "votre bébé n'a pris que 12g par jour, il faut lui donner un biberon de complément" ! je sortis du cabinet médical en larmes....sans trop paniquer néanmoins, je me rendis en pharmacie acheter le lait maternisé et le biberon, pris de l'eau minérale à la supérette, et à 8h du soir, je me retrouva en revanche comme une nouille à ne pas savoir comment préparer et donner un biberon...texto à ma sœur qui me dit de faire comme ci et comme ça....j'ai trouvé ça d'un compliqué que je pris l'option de ranger la boîte, de laisser bébé dormir, et d'aller me coucher.

Puis chéri fit son retour à la maison, regarda la boîte de près : quoi ? OGM et huile de palme, t'es sûr ?... bon, bon, bon... Parallèlement, une collègue de travail, qui allaitait son garçon, m'assura que donner du complément, c'était le meilleur moyen de foirer son allaitement...bon, bon, bon...

J'étais inquiète, bébé était toujours aussi peu vigoureux, et le pèse-bébé que je loua en pharmacie n'indiquait que peu d'évolution chaque jour. Je devins obsédée avec le poids, tenant un carnet, avec le poids, le nombre de tétées, sein gauche ou droit, durée.... De l'allaitement à la demande, je passa alors au stade supérieur, en essayant de repérer les premiers signes d'éveil....tétées toutes les 1h30, à raison d'une demi-heure par tétée, j'eus l'impression de ne faire que ça, et alors que chéri dût repartir auprès de sa maman souffrante, je resta seule à me dépatouiller avec cet allaitement qui tournait au vinaigre.

C'est là que j'ai maudit toutes celles qui me donnèrent des conseils alors qu'elles n'avaient elles mêmes pas allaité, ou qui avaient arrêté pour je ne sais quelle raison.

C'est là que j'ai maudit toutes celles et ceux qui m'ont dit  de prendre soin de moi - alors que j'étais en détresse et perdue, seule à la maison pendant que chéri était auprès de sa maman partie un 7 octobre, en pleine souffrance... Prendre soin de moi ? seule avec un allaitement qui prenait tout mon temps ? seule avec chéri à 500 bornes encore plus mal que moi, moi ne pouvant rien pour lui, et bébé qui ne faisait que tétouiller et avait visiblement décidé de ne pas suivre les "fameuses" courbes de croissance du carnet de santé ? j'avais vraiment envie de mettre des baffes ! et j'aurais surtout voulu qu'on vienne me faire mon ménage, une vaisselle, repasser mon linge, pendant que je me reposais d'un allaitement qui me prenait tout mon temps ! ça, oui, comme ça, j'aurais pu prendre soin de moi.

C'est là que je me suis souvenue de cette femme, rencontrée à la PMI, de ce qu'elle avait dit...

 

 

 

 

 

16/11/2013

allaiter, mon expérience (épisode 2)

Je me rendis donc à cette réunion d'échanges.

Je fus accueillie par une infirmière et une sage-femme de la PMI, ainsi que deux femmes en plein allaitement.

J'étais moi, en pleine grossesse, dans mon 8e mois.

Je crois que c'est à l'occasion de  cette réunion que j'ai pu avoir les meilleurs conseils. ON me donna des échantillons de crème pour les seins, en cas de crevasse, on me montra des bouts en silicone, et l'une des deux femmes me recommanda vivement d'en avoir dans mon sac à la maternité.

Les deux femmes en question avaient des parcours complètement différents. La première ne manqua pas de dire qu'elle avait eu à faire face à une montagne d'embûches depuis la naissance de son enfant. La mise au sein juste après l'accouchement avait été retardée, ce qui ne facilita pas sa montée de lait, puis des douleurs dans les seins pendant les premières tétées, sans compter un personnel hospitalier très peu présent qui non seulement ne lui prodigua aucun conseil et la laissa se débrouiller, mais commença à lui faire des reproches...

La deuxième femme eut un discours révélant un parcours nettement plus réjouissant ! elle n'entra pas trop dans les détails, mais était enchantée, son allaitement se passait vraiment à merveille....quel plaisir de l'entendre !

Toutes étaient d'accord pour dire qu'il n'y avait  aucun allaitement pareil à un autre, mais que malgré cela, à la moindre difficulté, c'est surtout vers les mères allaitantes qu'il fallait se tourner, avoir des retours d'expérience.... l'allaitement, c'est avant tout une histoire de femmes !

Je resta donc sur ces belles paroles, vraiment rassurée....le choix qui m'avait été montré du doigt par mon chéri se transforma réellement en désir. Pas seulement convaincue que ce serait le meilleur aliment pour notre garçon, je me suis toujours souvenue de cette deuxième femme qui parla de son allaitement comme d'une si belle expérience. Grâce à elle, je me suis toujours dit qu'il y avait très certainement dans l'allaitement quelque chose de fort à vivre avec mon bébé.

 

 

30/09/2013

allaiter, mon expérience - épisode 1

Bib or not bib ? c'est  LA question que se pose toutes les futures mamans....enfin, presque toutes ! car pour certaines, il n'y a même pas à se la poser.

Il y a celles pour qui allaiter est comme une envie viscérale, une conviction à l'état brut, quelque chose de naturel, d'intrinsèque à relier à la maternité.

Et puis il y a les femmes pour qui féminité compte autant, si ce n'est plus, que maternité, pour qui donner le sein n'est pas une évidence ou qui, par peur ou par pudeur, mais aussi par l'habitude prise par les femmes depuis plus de 30 ans - les mouvements féministes passant par là - choisissent sans vraiment choisir le biberon.

Et enfin, il y a les entre-deux, les "sans opinion", les "indécises", celles qui se sont dit "oh, ben je n'y suis pas encore, on verra bien quand j'y serai" : celles-là, forcément, ont à faire au cours de leur grossesse le choix du mode d'alimentation de leur future merveille du monde.

Maintenant, une devinette : dans quelle catégorie suis-je ?

Il y a plus d'un an, je sentis quelque chose se passer en moi. Jour après jour, les signes annonciateurs de la nouvelle s'accumulèrent. 9 mois plus tard, pas un jour de plus ni de moins, il était là, ma merveille du monde à moi !

Je n'ai jamais été pro ou anti quoique ce soit. C'était ma première grossesse et n'avais donc jamais eu à me poser la question. En revanche, n'ayant autour de moi aucune expérience de l'allaitement, effet miroir faisant, j'aurais eu tendance à biberonner plutôt qu'à allaiter : une "sans opinion" tendance "biberon", en somme.

Mais c'était sans compter l'avis du papa qui bien naturellement avait son mot à dire : ok, allons-y pour le sein ! 

Je vais donc vous raconter mon expérience de l'allaitement, entre non-information et désinformation, une expérience en demi-teintes, entre solitude et plénitude...

Comme c'est un sujet ultra-sensible - ayant lu des forumeuses se crêper le chignon, si si ! - sachez-le d'emblée, il n'y aura aucun parti pris dans tout ce que je vais vous raconter.....les faits, uniquement les faits, rien que les faits ! Un témoignage parmi d'autres qui fera peut-être avancer un peu le schmilblick, vous allez comprendre pourquoi...

Parenthèse fermée, me voilà partie disais-je avec l'envie d'allaiter, et les questions fusèrent très rapidement dans ma tête : combien de tétées par jour ? et quand ? le jour, la nuit aussi ? toutes les 3 heures ? toutes les 4 heures ? mes seins ne sont-ils pas trop petits ? comment saurais-je que mon bébé ait autant de lait qu'il lui en faut ? etc, etc, etc.

Devenir mère est une aventure en soi, devenir une mère-allaitante l'est encore plus : la chasse à l'information en effet commença...

Je surfa d'abord sur la vague entre blogs et forums, et je lus des tas de choses de femmes qui, comme moi, ne savaient pas ou ne comprenaient pas, ayant commencé à allaiter se demandaient si elles faisaient bien ou mal, et qui posaient des tas de questions auxquelles il y avait des tas de réponses de femmes allaitantes ou ayant allaité avec des points de vue divergents, des conseils par milliers et des expériences qui me sont parues pour le coup, j'ose le dire, parfois un peu farfelues, certaines femmes racontant notamment qu'elles portaient toute la journée leur bébé en écharpe les seins nus afin qu'il puisse téter à la demande....

Au secours, j'étais perdue ! A mes questions initiales s'en ajoutèrent d'autres au fur et à mesure de mes lectures. J'étais alors devenue de plus en plus angoissée. Quelque chose qui me semblait être instinctif sans complexité aucune semblait être en réalité insurmontable .....toutes ces femmes, toutes ces questions... Et le "à la demande" ? ça suppose vraiment d'être 24/24 aux aguets prête à offrir son sein à sa merveille du monde ?

Déjà, la multitude d'échanges sur le sujet laissait supposer un grand vide informatif....pourquoi toutes ces femmes éprouvaient-elles le besoin de parler de quelque chose d'une part si naturelle, et d'autre part dont on s'accorde à dire que c'est bon pour la santé des enfants ?..."le meilleur lait après le vôtre", disait une publicité pour un lait maternisé.

Je pris ensuite conseil auprès de la sage-femme qui me suivait pour la préparation à l'accouchement. Elle m'expliqua l'importance de la première mise au sein juste après la naissance. Elle me montra comment positionner le bébé. Elle me montra comment mon bébé devait ouvrir la bouche, placer sa langue et téter. Elle m'expliqua les selles, différentes d'un bébé nourri au biberon. Elle m'expliqua le principe du "à la demande" - je fus alors soulagée d'apprendre qu'il ne s'agissait  non pas de se balader à poil toute la journée, mais de repérer chez son bébé les signes qui font qu'il veut téter, 8 à 10 fois par jour en moyenne, pour la faim, et de distinguer ces tétées-faim des tétées-calins - de la nécessité de proposer les deux seins pour une même tétée si besoin. Je lui fis part de mon angoisse devant tout ce que je pouvais lire ici et là...elle me répondit d'allaiter si c'était vraiment mon envie, d'avant tout de me faire confiance, et que si ça ne marchait pas pour telle ou telle raison, de ne surtout pas le prendre comme un échec ou comme une remise en cause de mes capacités de mère. Elle tenta de me rassurer ainsi, en me faisant part également de sa propre expérience de femme allaitante, et me conseilla de me rendre aux échanges de mamans organisés par la PMI de mon secteur.

Ce que je fis....