11/01/2014

allaitement, mon expérience - épisode 4

" help je n'en peux plus j'ai envie de tout arrêter l'allaitement à la demande, mon homme pas souvent là pour reprendre le relais, ma puce qui tète quasi tt les deux heures, 2h30 (elle aura 4 mois le 24 janvier) je suis crevée, épuisée...bref des conseils pour m'aider à traverser cette passer car là j'ai envie de pleurer..." : voilà le genre de messages qu'on peut lire si souvent, et bien trop souvent, sur les forums consacrés à l'allaitement.

Après ma bouteille à la mer de fin d'année 2013, qui n'a pas eu le résultat escompté - et qui de ce fait m'installe davantage dans mon état de souffrance ordinaire, bref... - je reprends donc la plume de mon témoignage sur l'allaitement. 

Rappel de l'épisode précédent : j'ai craqué, moi aussi, comme cette jeune maman.

 

Craqué à cause du poids que bébé ne prenait pas assez aux dires du pédiatre ; j'ai multiplié les tétées au point de ne faire que ça de mes journées - je ne sortais même plus de chez moi et les seuls moments où "je prenais soin de moi", c'était pour prendre ma douche, manger et dormir...ça a duré près d'un mois.

 

Mais j'ai résisté, j'ai persévéré, car allaiter, c'était un vrai moment de partage avec mon lapin, un moment qui n'appartenait qu'à nous, quelque chose de doux et tendre, et je suis convaincue aujourd'hui que cet allaitement a enrichi le lien affectif entre moi et mon petit garçon - c'est en cela que j'ai repensé à la femme entendue à la PMI quelques mois auparavant.

 

J'ai surmonté la fatigue donc, malgré la nouvelle contrainte qu'allait poser la reprise du travail et le fait d'avoir à tirer mon lait. 

Ma pédiatre, obstinée avec les biberons de complément qu'elle voulait me faire donner, esquiva ma demande d'ordonnance  de tire-lait...j'alla donc voir mon médecin traitant afin d'obtenir le précieux sésame.

 

Je dois vous dire que psychologiquement, je dus me préparer à cette idée....tirer mon lait avec un appareil, j'avais franchement peur de l'aspect mécanique de la chose, qui allait supplanter le plaisir d'avoir à offrir le sein à mon bébé; brancher une machine, poser un appareil sur la poitrine, ça ne me réjouissait vraiment pas !

 

La pharmacie commença par me louer, comment dire , sans citer de marque - un ersatz de tire-lait, un appareil encombrant, inconfortable et bruyant ...la pression sur le téton nécessitait qu'on ferme toutes les trois secondes un trou dans ce qu'on appelle la téterelle, une sorte de mini entonnoir qui se place sur le sein, avec un doigt....d'un pratique ! et pas vraiment efficace. J'avais lu qu'au début, on tirait peu de lait, que cela venait petit à petit...mais là, 10 ml en 20 mn de tirage, vous parlez d'un rendement !

Retour à la pharmacie après avoir pris conseil auprès d'une collègue allaitante qui me parla de la Rolls Royce du tire-lait ... je la revois la pharmacienne : "mais comment cela vous ne voulez pas de cet appareil ? il marche très bien, c'est celui que moi-même j'ai utilisé !"....j'ai du insister lourdement pour avoir ma Rolls Royce : "oui, bon ben d'accord mais il faut que nous le commandions !".

Gros coup de blues encore une fois en rentrant à la maison...entre ma pédiatre qui n'avait pas voulu me faire l'ordonnance en me disant que pour le moment il fallait complémenter, la pharmacienne qui ne voulait pas me louer ma Rolls Royce....non mais franchement, que c'est pénible et usant ! je peux donc vous dire qu'allaiter, c'est plus qu'une conviction, c'est un véritable sacerdoce ! un combat ! je ne comprends toujours pas comment ni pourquoi dans un pays comme le nôtre les femmes sont si mal accompagnées, si mal renseignées - le lait maternel est ce qu'il y a de mieux, ce n'est pas moi qui le dit, c'est la Haute Autorité de la Santé, et en y réfléchissant rien qu'un peu car il ne faut pas sortir de St Cyr : combien de bébés ont des problèmes avec le lait industriel ? combien de bébés ont des problèmes avec le lait maternel ? je place ici mon coup de gueule parce que ne pas avoir été aidée et en particulier par des professionnels de la santé, c'est pour moi un non-sens inexplicable....si vous avez donc une explication à cela, je lance le débat !

 

Je le lance d'autant plus que, avec le recul, je pense qu'avoir commencé à tirer mon lait le soir une fois bébé couché, et ce en prévision de la reprise du travail, a activé une lactation qui avait eu du mal à prendre puis à suivre et qui tournait visiblement au ralenti faute d'un bébé qui tétouillait plus qu'il ne tétait. La preuve en est, dès le mois suivant, le poids de mon lapin n'était plus un problème : il était revenu dans une moyenne de 20g par jour, et ce en revenant à un rythme de tétées plus raisonnable, de l'ordre de 8 par jour...moins stressée, j'allais pouvoir profiter pleinement de mon bébé, allaiter comme je le voulais en y prenant que du plaisir ! moins stressée, mais déçue car il me fallait vraiment imaginer reprendre le travail, dans moins d'un mois : je commençais - enfin ! - à trouver un rythme sympa qu'il allait me falloir y renoncer pour aller gagner ma croûte....je ne vous dis pas la motivation que j'ai eue à reprendre le chemin du travail... 

 

Après cette étape du tire-lait, allait d'ailleurs suivre l'étape du biberon : et oui, mon lapin n'a eu jusque là en bouche que le téton de maman : comment allait-il réagir à autre chose ? une question qui me perturbait au fur et à mesure que la reprise approchait. Faute de place en crèche, je trouva une assistante maternelle, et il me fallait désormais trouver le truc qui puisse lui permettre de donner mon lait à mon lapin.... A suivre dans le prochain épisode !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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