11/01/2014

allaitement, mon expérience - épisode 4

" help je n'en peux plus j'ai envie de tout arrêter l'allaitement à la demande, mon homme pas souvent là pour reprendre le relais, ma puce qui tète quasi tt les deux heures, 2h30 (elle aura 4 mois le 24 janvier) je suis crevée, épuisée...bref des conseils pour m'aider à traverser cette passer car là j'ai envie de pleurer..." : voilà le genre de messages qu'on peut lire si souvent, et bien trop souvent, sur les forums consacrés à l'allaitement.

Après ma bouteille à la mer de fin d'année 2013, qui n'a pas eu le résultat escompté - et qui de ce fait m'installe davantage dans mon état de souffrance ordinaire, bref... - je reprends donc la plume de mon témoignage sur l'allaitement. 

Rappel de l'épisode précédent : j'ai craqué, moi aussi, comme cette jeune maman.

 

Craqué à cause du poids que bébé ne prenait pas assez aux dires du pédiatre ; j'ai multiplié les tétées au point de ne faire que ça de mes journées - je ne sortais même plus de chez moi et les seuls moments où "je prenais soin de moi", c'était pour prendre ma douche, manger et dormir...ça a duré près d'un mois.

 

Mais j'ai résisté, j'ai persévéré, car allaiter, c'était un vrai moment de partage avec mon lapin, un moment qui n'appartenait qu'à nous, quelque chose de doux et tendre, et je suis convaincue aujourd'hui que cet allaitement a enrichi le lien affectif entre moi et mon petit garçon - c'est en cela que j'ai repensé à la femme entendue à la PMI quelques mois auparavant.

 

J'ai surmonté la fatigue donc, malgré la nouvelle contrainte qu'allait poser la reprise du travail et le fait d'avoir à tirer mon lait. 

Ma pédiatre, obstinée avec les biberons de complément qu'elle voulait me faire donner, esquiva ma demande d'ordonnance  de tire-lait...j'alla donc voir mon médecin traitant afin d'obtenir le précieux sésame.

 

Je dois vous dire que psychologiquement, je dus me préparer à cette idée....tirer mon lait avec un appareil, j'avais franchement peur de l'aspect mécanique de la chose, qui allait supplanter le plaisir d'avoir à offrir le sein à mon bébé; brancher une machine, poser un appareil sur la poitrine, ça ne me réjouissait vraiment pas !

 

La pharmacie commença par me louer, comment dire , sans citer de marque - un ersatz de tire-lait, un appareil encombrant, inconfortable et bruyant ...la pression sur le téton nécessitait qu'on ferme toutes les trois secondes un trou dans ce qu'on appelle la téterelle, une sorte de mini entonnoir qui se place sur le sein, avec un doigt....d'un pratique ! et pas vraiment efficace. J'avais lu qu'au début, on tirait peu de lait, que cela venait petit à petit...mais là, 10 ml en 20 mn de tirage, vous parlez d'un rendement !

Retour à la pharmacie après avoir pris conseil auprès d'une collègue allaitante qui me parla de la Rolls Royce du tire-lait ... je la revois la pharmacienne : "mais comment cela vous ne voulez pas de cet appareil ? il marche très bien, c'est celui que moi-même j'ai utilisé !"....j'ai du insister lourdement pour avoir ma Rolls Royce : "oui, bon ben d'accord mais il faut que nous le commandions !".

Gros coup de blues encore une fois en rentrant à la maison...entre ma pédiatre qui n'avait pas voulu me faire l'ordonnance en me disant que pour le moment il fallait complémenter, la pharmacienne qui ne voulait pas me louer ma Rolls Royce....non mais franchement, que c'est pénible et usant ! je peux donc vous dire qu'allaiter, c'est plus qu'une conviction, c'est un véritable sacerdoce ! un combat ! je ne comprends toujours pas comment ni pourquoi dans un pays comme le nôtre les femmes sont si mal accompagnées, si mal renseignées - le lait maternel est ce qu'il y a de mieux, ce n'est pas moi qui le dit, c'est la Haute Autorité de la Santé, et en y réfléchissant rien qu'un peu car il ne faut pas sortir de St Cyr : combien de bébés ont des problèmes avec le lait industriel ? combien de bébés ont des problèmes avec le lait maternel ? je place ici mon coup de gueule parce que ne pas avoir été aidée et en particulier par des professionnels de la santé, c'est pour moi un non-sens inexplicable....si vous avez donc une explication à cela, je lance le débat !

 

Je le lance d'autant plus que, avec le recul, je pense qu'avoir commencé à tirer mon lait le soir une fois bébé couché, et ce en prévision de la reprise du travail, a activé une lactation qui avait eu du mal à prendre puis à suivre et qui tournait visiblement au ralenti faute d'un bébé qui tétouillait plus qu'il ne tétait. La preuve en est, dès le mois suivant, le poids de mon lapin n'était plus un problème : il était revenu dans une moyenne de 20g par jour, et ce en revenant à un rythme de tétées plus raisonnable, de l'ordre de 8 par jour...moins stressée, j'allais pouvoir profiter pleinement de mon bébé, allaiter comme je le voulais en y prenant que du plaisir ! moins stressée, mais déçue car il me fallait vraiment imaginer reprendre le travail, dans moins d'un mois : je commençais - enfin ! - à trouver un rythme sympa qu'il allait me falloir y renoncer pour aller gagner ma croûte....je ne vous dis pas la motivation que j'ai eue à reprendre le chemin du travail... 

 

Après cette étape du tire-lait, allait d'ailleurs suivre l'étape du biberon : et oui, mon lapin n'a eu jusque là en bouche que le téton de maman : comment allait-il réagir à autre chose ? une question qui me perturbait au fur et à mesure que la reprise approchait. Faute de place en crèche, je trouva une assistante maternelle, et il me fallait désormais trouver le truc qui puisse lui permettre de donner mon lait à mon lapin.... A suivre dans le prochain épisode !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

27/12/2013

Entre introspection et confession, chronique d'une souffrance ordinaire

A l'aube de la quarantaine et d'une nouvelle année, parce qu'il y a des silences, des absences, des indifférences qui font mal, je ressens le besoin de faire un retour sur moi, d'avoir un regard objectif sur ce qui m'entoure....pour prendre de bonnes résolutions ! et retracer au besoin les lignes du chemin qu'il me reste à parcourir car, puisque la vie n'est qu'une, autant l'optimiser au mieux, et sans pour autant griller des étapes, se fixer des objectifs avec l'éternel et unique mot d'ordre : être heureuse ! ceci passant nécessairement donc par trouver des réponses à des questions, chercher à comprendre.

Comment avoir sur soi un point de vue objectif ? en demandant à une personne extérieure ? un psy dont je vais faire tourner le fonds de commerce et qui ne fera que répondre à mes questions par d'autres questions ? non, non, et non !

Demander à un ami ? une personne complètement neutre ? le monde actuel berce dans l'incompréhension, submergé par des modes de communication qui dépassent l'humain qui lui même a perdu tout sens d'un langage commun ...un ami proche aura un point de vue pas forcément objectif....et quand bien même ce serait un ami, je me vois en train de répéter à une amie que mon fils a été malade avec tout le diagnostic à 15 jours d'intervalle.... une personne complètement neutre ? mais quelle personne, avec quelle hauteur de vue ?

Je pense aussi que l'humain est de façon générale incapable de compréhension dans la mesure où il analyse les choses en fonction de ses propres références. Quand mon fils a été malade pendant une semaine, avec deux visites chez le médecin, une semaine de kiné, 8 jours d'antibiotique, tout cela la même semaine où j'avais trois réunions de travail le soir, à moi qui vit seule avec mon fils, on a quand même réussi à me dire : t'es fatiguée ? ah bon ?

Et enfin, à quelques nuances près, je suis plutôt convaincue à l'idée que l'humain cède aujourd'hui facilement à la manipulation... moi qui ait eu un passé sentimental fluctuant, j'ai souvent entendu : "ça n'a pas marché avec lui ? il t'a mal calculé !"..."calculé", quel horrible mot... et sans se mentir à soi même, nos pages Facebook, nos tweets, ce que l'on publie sur les réseaux sociaux, ne les publie-t-on pas en espérant susciter telle ou telle réaction ? qui osera dire le contraire ?

Partant de tout cela, une seule solution donc, l'introspection : me voilà, à vous écrire, à faire un pas de côté avec des mots.

Qu'est-ce qui me tourmente ?

Des personnes qui devraient être si proches de moi, mais qui se sont éloignées, bon gré mal gré - quelle souffrance de ne plus partager quoique ce soit avec des personnes que vous aimez, d'avoir perdu le fil du quotidien, et les années passant, se retrouver uniquement à des moments forts de la vie, et s'apercevoir dans ces moments que l'on a si peu de choses à se dire.....quelle tristesse. A Papa, tu as pris un chemin qui nous a éloignés de toi, je ne t'en veux pas, mais qu'est-ce que j'aimerais qu'on arrive à se parler de la pluie et du beau temps, échanger des banalités, si tu savais...je sais en revanche que tu as gardé un vrai cœur de père, fier de ses enfants et de ses petits-enfants, je sais que tu nous aimes, et nous t'aimons aussi.

Des personnes qui devraient être proches mais qui ne cherchent même pas à me connaître, à comprendre qui je suis, qui se sont enfermées dans des préjugés et qui ont ainsi une attitude de rejet et pas seulement envers moi, aussi et surtout envers mon petit garçon : comment peut-on dire d'un enfant qu'il n'est rien ? certains écoutent cela et laissent parler, ou affirment qu'après tout, chacun est libre de ses opinions, soit. A Adeline, tu ne liras sans doute jamais ces lignes et même si tu les lis je sais pertinemment que tu te fous royalement que je puisse souffrir de ton attitude pour Tancrède....je te souhaite au cours du long chemin qui t'attend, de ne pas être traitée avec la même indifférence qui est la tienne aujourd'hui. 

Des personnes qui coupent les ponts, on ne sait trop pourquoi, un ami dont je connais pourtant la fidélité de cœur et la bonté d'âme....A Ludo, ta gentillesse et tes blagues à deux balles me manquent.

Voilà ce que j'avais envie de dire....je ne me plains pas, je souffre comme autant de personnes qui peuvent souffrir de l'absence, du rejet ou de l'indifférence.

Suis-je responsable de mes tourments ? aucune idée....mais est-il besoin nécessairement de se chercher des fautes ? il y a bien assez de gens, peut-être vous, qui m'ont jeté, me jettent et me jetteront la pierre, je ne vais donc pas me flageller.

Comment en revanche, aborder sereinement la vie devant moi ? car c'était bien là le but de l'exercice... je pense que je vais apprendre à dire non : à presque 40 ans, il serait temps.

 

 

 

 

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17/11/2013

allaiter, mon expérience (épisode 3)

6 septembre 2012, 23h10, nous en avons versé des larmes tandis que notre merveille faisait son apparition, poussant son 1er cri - quelle émotion rien que d'y repenser !

Hélàs, beaucoup de merveilles firent leur apparition ce soir là, pour une sage-femme, une auxiliaire, et un médecin là au cas où - ce qui me valut d'entamer mon allaitement plutôt sous les pires auspices : on m'amena mon bébé, tout beau dans sa grenouillère pour la mise au sein. On me le mit dans les bras, ni plus ni moins, puis l'auxiliaire repartit aussitôt dans une autre salle d'accouchement. J'étais encore branchée aux machines : d'un pratique ! fatiguée, 20h après avoir perdu les eaux, j'eus espéré un peu plus d'aide....et ben non ! hormis celle de mon chéri, qui à ma demande, me retira tous les fils qui m'empêchaient de bouger - ce qui nous valut un regard assassin lorsque la sage-femme refit son apparition une demi-heure plus tard..

Voilà pour le commencement...

Une fois dans la chambre, j'ai eu droit à quasiment autant de conseils que de sages-femmes - toutes étaient néanmoins présentes et prévenantes - dans le service de maternité...une me dit d'allaiter à la demande : ok, ça m'allait très bien, c'est justement ce que l'on m'avait appris ! puis une autre me dit au maximum toutes les 4h, ce qui supposait de réveiller le bébé. "A chacun son métier" ai-je l'habitude de dire : j'écouta donc consciencieusement ce dernier conseil, et le 2e jour, je me réveilla à 4h du matin, réveilla mon bébé qui, je vous le donne en mille - s'endormit aussitôt sur le sein ! quant à moi, et bien j'ai eu beaucoup de mal à me rendormir et me retrouva encore plus fatiguée.

Des douleurs ont commencé à se faire sentir : j'envoya mon chéri acheter des bouts de sein en silicone, puis ce fut la montée de lait, encore plus douloureuse, à la fin du 3e jour.

et pourtant, c'est si doux...Quant à ma merveille, elle n'était pas très active sur le téton ! il avait bien compris le truc, mais n'était pas très fougueux : mon bébé têtait 5 mn, puis arrêtait, je changeais alors de sein, puis de position....rien à faire, 5 minutes de tétage sinon rien ! 4e jour : il perdit toujours du poids, ce qui commença par m'angoisser - je ne vous dis pas le coup de baby-blues...- c'est là que je demanda à repartir seulement le 5e jour, quand il prit 10g, inversant alors sa courbe de croissance.

5 jours plus tard, nous voilà donc dans notre home sweet home, prêts pour une nouvelle vie !

1ere visite chez le pédiatre 10 jours après : bébé a pris du poids, dans la moyenne, 20g par jour; j'allaitais strictement à la demande, plus de réveil nocturne : je fis en effet le choix de dormir - oh oui, dormiiiiiir ! - et de ne pas réveiller bébé, qui fit très rapidement des nuits de 8h non-stop !  Bébé n'était toujours pas très vigoureux sur le téton, il réclamait néanmoins sa dose toutes les 3 h environ....et visiblement, le pèse-bébé du pédiatre en attestait, il prenait ce qu'il fallait - bref, tout allait bien !

C'est à la visite du 1er mois que les pires auspices ont repris : "votre bébé n'a pris que 12g par jour, il faut lui donner un biberon de complément" ! je sortis du cabinet médical en larmes....sans trop paniquer néanmoins, je me rendis en pharmacie acheter le lait maternisé et le biberon, pris de l'eau minérale à la supérette, et à 8h du soir, je me retrouva en revanche comme une nouille à ne pas savoir comment préparer et donner un biberon...texto à ma sœur qui me dit de faire comme ci et comme ça....j'ai trouvé ça d'un compliqué que je pris l'option de ranger la boîte, de laisser bébé dormir, et d'aller me coucher.

Puis chéri fit son retour à la maison, regarda la boîte de près : quoi ? OGM et huile de palme, t'es sûr ?... bon, bon, bon... Parallèlement, une collègue de travail, qui allaitait son garçon, m'assura que donner du complément, c'était le meilleur moyen de foirer son allaitement...bon, bon, bon...

J'étais inquiète, bébé était toujours aussi peu vigoureux, et le pèse-bébé que je loua en pharmacie n'indiquait que peu d'évolution chaque jour. Je devins obsédée avec le poids, tenant un carnet, avec le poids, le nombre de tétées, sein gauche ou droit, durée.... De l'allaitement à la demande, je passa alors au stade supérieur, en essayant de repérer les premiers signes d'éveil....tétées toutes les 1h30, à raison d'une demi-heure par tétée, j'eus l'impression de ne faire que ça, et alors que chéri dût repartir auprès de sa maman souffrante, je resta seule à me dépatouiller avec cet allaitement qui tournait au vinaigre.

C'est là que j'ai maudit toutes celles qui me donnèrent des conseils alors qu'elles n'avaient elles mêmes pas allaité, ou qui avaient arrêté pour je ne sais quelle raison.

C'est là que j'ai maudit toutes celles et ceux qui m'ont dit  de prendre soin de moi - alors que j'étais en détresse et perdue, seule à la maison pendant que chéri était auprès de sa maman partie un 7 octobre, en pleine souffrance... Prendre soin de moi ? seule avec un allaitement qui prenait tout mon temps ? seule avec chéri à 500 bornes encore plus mal que moi, moi ne pouvant rien pour lui, et bébé qui ne faisait que tétouiller et avait visiblement décidé de ne pas suivre les "fameuses" courbes de croissance du carnet de santé ? j'avais vraiment envie de mettre des baffes ! et j'aurais surtout voulu qu'on vienne me faire mon ménage, une vaisselle, repasser mon linge, pendant que je me reposais d'un allaitement qui me prenait tout mon temps ! ça, oui, comme ça, j'aurais pu prendre soin de moi.

C'est là que je me suis souvenue de cette femme, rencontrée à la PMI, de ce qu'elle avait dit...

 

 

 

 

 

16/11/2013

allaiter, mon expérience (épisode 2)

Je me rendis donc à cette réunion d'échanges.

Je fus accueillie par une infirmière et une sage-femme de la PMI, ainsi que deux femmes en plein allaitement.

J'étais moi, en pleine grossesse, dans mon 8e mois.

Je crois que c'est à l'occasion de  cette réunion que j'ai pu avoir les meilleurs conseils. ON me donna des échantillons de crème pour les seins, en cas de crevasse, on me montra des bouts en silicone, et l'une des deux femmes me recommanda vivement d'en avoir dans mon sac à la maternité.

Les deux femmes en question avaient des parcours complètement différents. La première ne manqua pas de dire qu'elle avait eu à faire face à une montagne d'embûches depuis la naissance de son enfant. La mise au sein juste après l'accouchement avait été retardée, ce qui ne facilita pas sa montée de lait, puis des douleurs dans les seins pendant les premières tétées, sans compter un personnel hospitalier très peu présent qui non seulement ne lui prodigua aucun conseil et la laissa se débrouiller, mais commença à lui faire des reproches...

La deuxième femme eut un discours révélant un parcours nettement plus réjouissant ! elle n'entra pas trop dans les détails, mais était enchantée, son allaitement se passait vraiment à merveille....quel plaisir de l'entendre !

Toutes étaient d'accord pour dire qu'il n'y avait  aucun allaitement pareil à un autre, mais que malgré cela, à la moindre difficulté, c'est surtout vers les mères allaitantes qu'il fallait se tourner, avoir des retours d'expérience.... l'allaitement, c'est avant tout une histoire de femmes !

Je resta donc sur ces belles paroles, vraiment rassurée....le choix qui m'avait été montré du doigt par mon chéri se transforma réellement en désir. Pas seulement convaincue que ce serait le meilleur aliment pour notre garçon, je me suis toujours souvenue de cette deuxième femme qui parla de son allaitement comme d'une si belle expérience. Grâce à elle, je me suis toujours dit qu'il y avait très certainement dans l'allaitement quelque chose de fort à vivre avec mon bébé.

 

 

30/09/2013

allaiter, mon expérience - épisode 1

Bib or not bib ? c'est  LA question que se pose toutes les futures mamans....enfin, presque toutes ! car pour certaines, il n'y a même pas à se la poser.

Il y a celles pour qui allaiter est comme une envie viscérale, une conviction à l'état brut, quelque chose de naturel, d'intrinsèque à relier à la maternité.

Et puis il y a les femmes pour qui féminité compte autant, si ce n'est plus, que maternité, pour qui donner le sein n'est pas une évidence ou qui, par peur ou par pudeur, mais aussi par l'habitude prise par les femmes depuis plus de 30 ans - les mouvements féministes passant par là - choisissent sans vraiment choisir le biberon.

Et enfin, il y a les entre-deux, les "sans opinion", les "indécises", celles qui se sont dit "oh, ben je n'y suis pas encore, on verra bien quand j'y serai" : celles-là, forcément, ont à faire au cours de leur grossesse le choix du mode d'alimentation de leur future merveille du monde.

Maintenant, une devinette : dans quelle catégorie suis-je ?

Il y a plus d'un an, je sentis quelque chose se passer en moi. Jour après jour, les signes annonciateurs de la nouvelle s'accumulèrent. 9 mois plus tard, pas un jour de plus ni de moins, il était là, ma merveille du monde à moi !

Je n'ai jamais été pro ou anti quoique ce soit. C'était ma première grossesse et n'avais donc jamais eu à me poser la question. En revanche, n'ayant autour de moi aucune expérience de l'allaitement, effet miroir faisant, j'aurais eu tendance à biberonner plutôt qu'à allaiter : une "sans opinion" tendance "biberon", en somme.

Mais c'était sans compter l'avis du papa qui bien naturellement avait son mot à dire : ok, allons-y pour le sein ! 

Je vais donc vous raconter mon expérience de l'allaitement, entre non-information et désinformation, une expérience en demi-teintes, entre solitude et plénitude...

Comme c'est un sujet ultra-sensible - ayant lu des forumeuses se crêper le chignon, si si ! - sachez-le d'emblée, il n'y aura aucun parti pris dans tout ce que je vais vous raconter.....les faits, uniquement les faits, rien que les faits ! Un témoignage parmi d'autres qui fera peut-être avancer un peu le schmilblick, vous allez comprendre pourquoi...

Parenthèse fermée, me voilà partie disais-je avec l'envie d'allaiter, et les questions fusèrent très rapidement dans ma tête : combien de tétées par jour ? et quand ? le jour, la nuit aussi ? toutes les 3 heures ? toutes les 4 heures ? mes seins ne sont-ils pas trop petits ? comment saurais-je que mon bébé ait autant de lait qu'il lui en faut ? etc, etc, etc.

Devenir mère est une aventure en soi, devenir une mère-allaitante l'est encore plus : la chasse à l'information en effet commença...

Je surfa d'abord sur la vague entre blogs et forums, et je lus des tas de choses de femmes qui, comme moi, ne savaient pas ou ne comprenaient pas, ayant commencé à allaiter se demandaient si elles faisaient bien ou mal, et qui posaient des tas de questions auxquelles il y avait des tas de réponses de femmes allaitantes ou ayant allaité avec des points de vue divergents, des conseils par milliers et des expériences qui me sont parues pour le coup, j'ose le dire, parfois un peu farfelues, certaines femmes racontant notamment qu'elles portaient toute la journée leur bébé en écharpe les seins nus afin qu'il puisse téter à la demande....

Au secours, j'étais perdue ! A mes questions initiales s'en ajoutèrent d'autres au fur et à mesure de mes lectures. J'étais alors devenue de plus en plus angoissée. Quelque chose qui me semblait être instinctif sans complexité aucune semblait être en réalité insurmontable .....toutes ces femmes, toutes ces questions... Et le "à la demande" ? ça suppose vraiment d'être 24/24 aux aguets prête à offrir son sein à sa merveille du monde ?

Déjà, la multitude d'échanges sur le sujet laissait supposer un grand vide informatif....pourquoi toutes ces femmes éprouvaient-elles le besoin de parler de quelque chose d'une part si naturelle, et d'autre part dont on s'accorde à dire que c'est bon pour la santé des enfants ?..."le meilleur lait après le vôtre", disait une publicité pour un lait maternisé.

Je pris ensuite conseil auprès de la sage-femme qui me suivait pour la préparation à l'accouchement. Elle m'expliqua l'importance de la première mise au sein juste après la naissance. Elle me montra comment positionner le bébé. Elle me montra comment mon bébé devait ouvrir la bouche, placer sa langue et téter. Elle m'expliqua les selles, différentes d'un bébé nourri au biberon. Elle m'expliqua le principe du "à la demande" - je fus alors soulagée d'apprendre qu'il ne s'agissait  non pas de se balader à poil toute la journée, mais de repérer chez son bébé les signes qui font qu'il veut téter, 8 à 10 fois par jour en moyenne, pour la faim, et de distinguer ces tétées-faim des tétées-calins - de la nécessité de proposer les deux seins pour une même tétée si besoin. Je lui fis part de mon angoisse devant tout ce que je pouvais lire ici et là...elle me répondit d'allaiter si c'était vraiment mon envie, d'avant tout de me faire confiance, et que si ça ne marchait pas pour telle ou telle raison, de ne surtout pas le prendre comme un échec ou comme une remise en cause de mes capacités de mère. Elle tenta de me rassurer ainsi, en me faisant part également de sa propre expérience de femme allaitante, et me conseilla de me rendre aux échanges de mamans organisés par la PMI de mon secteur.

Ce que je fis....

 

 

 

 

25/09/2013

l'hypercommunication, le mal du XXIe siècle ? introduction...

Parce que c'est dans l'air du temps, je me suis créée un compte Facebook. Je me suis aussi créée un profil Twitter. Avant cela, j'étais inscrite sur Meetic, EDarling, et Adopteunmec.com. J'avais aussi un compte MSN pour pouvoir tchatter avec Pierre, Paul et Jacques.

Maintenant, j'ai Skype, installé pour pouvoir échanger avec mon chéri lorsque nous serons éloignés.

Poussée aux fesses par ce même chéri, j'ai créé ce blog.

Je fais mes achats sur internet et j'ai une ribambelle de login et de mots de passe dont j'ai du mal à me souvenir.

Je suis devant mon écran d'ordinateur à écrire. Vous êtes derrière le vôtre à me lire.

Physiquement, nous ne sommes pas ensemble. Nous communiquons à distance, et nous communiquons beaucoup.

Mais est-ce que nous communiquons bien ? cette question renvoyant elle-même à une autre : mais qu'est-ce bien communiquer ?

 

Ma réponse est NON, hélas, on ne sait pas communiquer. Du moins, on ne sait plus communiquer.

Communiquer, c'est transmettre des idées, des opinions, échanger, encore faut-il qu'il y en ait un pour parler, et l'autre pour écouter, puis que le récepteur et l'émetteur se comprennent.

Peut-être que l'on ne sait plus se parler, peut-être que l'on ne sait plus écouter, peut-être que l'on ne se comprend plus.

La faute à la multiplication des voies de communication et des autoroutes de l'information ? pas que... Un problème d'éducation ? je dis OUI, cent fois OUI !

Et là, je profite de cette petite note pour passer un coup de gueule à tous ceux qui parlent et qui écrivent sans prendre la pleine mesure de leurs propos, utilisant des mots pour d'autres. C'est vrai quoi ! Coup de boule aussi à ceux qui "enfermés" dans la sphère de leur cerveau, croyant bien dire les choses, pensent se faire comprendre par tout un chacun.....que nenni !

A chaque fois que j'écris une lettre, une note, un message sur Facebook, lorsque je parle, je pèse tous mes mots, je m'inquiète de leur sens, leur portée : est-ce que ce mot est approprié ? est-ce qu'il traduit bien le fond de ma pensée ? est-ce qu'il sera compris par mon interlocuteur ? est-ce que c'est le bon moment, le bon endroit pour le dire ?....et oui, je me pose toutes ces questions avant de me lancer dans un monologue, et c'est peut-être d'ailleurs pour cela que je parle si peu. Et alors vous me direz : "c'est bien beau ça, mais on ne t'entend jamais !" Sans doute, mais en mots comme en tout, qualité ne doit-elle pas être préférée à la quantité ?

J'ai pendant longtemps été quasi en admiration devant les forts en gueule, ceux qui avaient un avis sur tout, sans compter ceux qui ont un tel charisme que la bouche à peine ouverte, tout le monde reste sans voix.

Problème d'éducation disais-je.....oui, car utiliser un mot pour un autre, c'est pour moi un problème d'éducation. Je dis "Haro aux contresens" ! Qu'avez-vous fait de vos rédactions de CM2 ? Où sont passées vos listes de mots à apprendre du cours primaire ? Où sont passés Petit Larousse et Robert ? Ils doivent être en train de kiffer un clip sur MTV, ou liker une vidéo de Youtube postée par un ami sur Facebook !

Je ne vous parle même pas de l'avènement du téléphone mobile, qui suppose que chaque détenteur est censé pouvoir communiquer à n'importe quel moment. Le mot "dérangement" a pour le coup perdu de tout son sens !

Tous ces modes de communication ont permis de développer un type de langage fait de raccourcis, de symboles...admettons......mais c'est loin d'être un langage universel, partagé par tous et par conséquent, il fausse l'entendement, la communication.

Peut-être qu'il le sera un jour...en attendant, essayons de se parler avec des mots compris par tous.

 

 

 

 

 

 

 

24/09/2013

Pensées d'aéroport, d'avion....Argentine, un jour..

ARGENTINE - du 5 novembre 2011 au 19 novembre 2011

DEPART

Orly - 5 novembre 2011

Me voilà à l'aéroport, et j'ai fait la connaissance du groupe. Il est 15h50, embarquement dans une demi-heure.
Je suis déjà repérée dans le groupe : la plus jeune, la plus seule, celle qui vient de Reims, là où on boit du champagne.
Je n'aime pas trop les aéroports, on est toujours en train d'attendre, c'est chiant les aéroports. Pourtant, c'est parfois là que tout commence, ou que tout finit, que s'écrivent des histoires.

Il y a beaucoup de gens dans les aéroports, des gens qui rient, des gens qui pleurent, des gens qui crient, des gens qui dorment, des gens qui mangent. Il y en avait de drôles tout à l'heure à l'enregistrement des bagages : il y a en a un, il faisait et défaisait ses valises, je crois qu'il s'y est pris au moins en quatre ou cinq fois.
Il y en a un autre derrière moi, il lisait un livre, c'était un allemand, un germanique en tout cas, je l'ai vu au bouquin qu'il lisait, c'était écrit en allemand. Il y en avait un autre bizarre, je crois qu'il était américain, peut-être australien, il était en short et tee-shirt, prêt à surfer sur la vague. Il y avait des espagnols aussi, un couple de jeunes, une vingtaine d'années. Ils sont assis en face de moi à l'heure où j'écris, lui boit un coca, elle lui parle et bouquine en même temps; je me demande ce qu'elle peut bien lui dire.
Dans mon groupe, je suis la plus jeune. Ils ont la soixantaine, j'en ai 36. Je suis là avec mon PC, mon MP3, mon BlackBerry, des trucs d'aujourd'hui, eux sont là avec leur sac à dos, billets et passeports en mains, à simplement attendre. Je me sens bien différente et pourtant je suis parmi eux. Et nous allons passer 15 jours ensemble. Finalement, c'est bien aussi les aéroports, on y est pour rencontrer, dépasser les frontières. Assis dans nos sièges à attendre, nous sommes différents mais aussi semblables. Nous avons tous le virus de la découverte.

Madrid - 5 novembre 2011

Après une heure et des cacahuètes de vol, je suis à Madrid, escale de 3 heures avant le grand décollage. Je suis donc dans un aéroport, encore, et encore, des gens qui attendent, des gens qui mangent, des gens qui parlent, des gens qui lisent, des gens, des gens, des gens, et en face de moi, un bébé qui pleure, à peine quelques mois le petit bonhomme. Il a un jouet comme celui de Lilou, ma nièce, un livre musical, dont l'harmonie des sons qui s'en échappent m'échappe complètement ! Il est rigolo ce bébé, quelle chance il a de voyager. Si j'avais un enfant, je l'emmènerais partout moi aussi, il découvrirait le monde, irait dans les aéroports, verrait des gens qui parlent, des gens qui mangent, des gens qui crient, des gens qui pleurent. Comme sa maman. Il regarderait, écouterait et sourirait, ferait des grimaces d'impatience, soupirerait de l'attente, mais quelle attente ! Une attente tellement et largement récompensée, aller voir de l'autre côté de l'océan ce qui se passe, comment vivent les gens, échanger avec eux des sourires, des regards, qui sont autant d'instants précieux dans une vie. Des instants précieux dont on se souvient longtemps, ça vaut bien des heures d'attente.
Je suis a Madrid, et je ne peux m'empêcher de penser au cinéma d'Almodovar que j'aime tant. Les femmes d'Almodovar sont de vraies femmes. Pour moi, c'est lui qui les filment le mieux...toutes ces femmes, avec leurs jardins secrets, leurs sentiments si complexes, leur sensibilité. Je me reconnais bien dans les femmes d'Almodovar, sans doute que je suis un peu comme elles, un peu comme Penelope Cruz dans Volver.
Il est vraiment rigolo ce petit garçon, argentin sans doute, ou brésilien peut-être, il y a aussi un vol pour Sao Paulo d'affiché. Il a une chemise rayée bleu et blanche, il a les cheveux très foncés et le teint mât, et voilà qu'il me sourit. Un sourire d'enfant juste avant de prendre l'avion pour Buenos Aires, quel bonheur ! Peut-être que ce sont mes lunettes qui le font rire. Oh...j'entends une autre voix d'enfant derrière moi ! Une petite fille cette fois-ci, plus grande que le petit garçon, elle a bien trois ans je pense. La voilà avec sa salopette rouge en velours à réclamer une sucette Chupa Chups à sa maman.
J'ai pris  mon netbook pour surfer sur internet et envoyer des mails, garder le contact comme on dit. J'avais décidé aussi d'acheter un carnet à spirales, et de prendre un crayon et une gomme, pour raconter ce voyage. Finalement, me voilà en train d'écrire sur mon netbook, et je pense donc à ce carnet, à cette gomme et ce crayon au fond du bagage à main, complètement inutiles.
Ma tête commence à me faire un peu mal, une bouteille d'eau serait la bienvenue. Oh, revoilà la petite fille en salopette rouge, elle passe devant moi et me montre son doudou, un Mickey, en salopette lui aussi, rouge comme la sienne ! Elle revient peut-être de Paris cette petite fille, avec son Mickey, peut-être qu'elle est allée à Disneyland. Si j'avais une petite fille, ce n'est a priori pas le premier endroit dans lequel j'aurais envie de l'emmener...Mickey, une souris qui symbolise tellement de choses de ce monde qui ne me plaisent pas, ce conformisme, ce mondialisme qui annihilent l'esprit humain, mettent des gens dans des cases, même que c'est emmerdant quand on rentre dans aucune case, c'est emmerdant surtout pour les autres d'ailleurs. Paradoxalement, notre monde d'uniformité qui voudrait nous mettre dans des cases, qui voudrait qu'on se ressemble tous, créent des divisions plus que d'unions. Plus on nous oblige à nous fondre les uns aux autres, plus on a envie de se différencier. En fin de compte à la réflexion, si j'avais une petite fille, et bien je l'emmènerais à Disneyland ! ça lui donnerait peut-être l'envie d'autres choses, l'envie de se dépasser, l'envie de se différencier, de s'affirmer. Mais je lui raconterais avant qui est vraiment cette souris pleine de malices...
Bon, ma tête me fait vraiment mal cette fois-ci. Allez, je vais déambuler dans cet aéroport pour me rafraichir, et peut-être que lorsque cela sera fait, il sera l'heure d'embarquer.

Océan atlantique - 6 novembre 2011

Dans cet avion qui fait du bruit, j'attends qu'on me serve mon plateau repas pour enfin tenter de dormir. Les nuits ont été plutôt courtes ces derniers temps, moi qui habituellement éteint les feux pas plus tard qu'à 23h00, il en est désormais tout autrement.

Et oui, je suis amoureuse d'un homme qui aime bavarder la nuit, un homme qui s'aventure en stop ou à vélo et l'on ne sait trop pourquoi lui et moi, pressés de se revoir sans doute, à chaque fois qu'il décide de venir me voir, je vais le chercher à Paris. La dernière fois, j'avais passé une nuit franchement pas terrible, j'avais bu la veille, c'était l'anniversaire de mon amie Nelly. Et bien après avoir fonctionné au radar toute la journée, à 20h30 un dimanche soir, alors que je travaillais le lendemain, j'ai enfilé mes chaussures dare-dare, mis une veste, avalé ma soupe en deux temps trois mouvements, et j'ai pris la route.

Je suis donc une raisonnable tendance folle-dingue. J'avoue, ça m'angoisse un peu. Vous me diriez : "mais tu es une angoissée née Sabine !", que je ne vous contredirais pas ! Mais cette folle-dinguerie, si elle est la manifestation d'un certain bien-être, son revers est parfois terrible. Lorsque l'histoire se termine, elle se transforme en une énorme déprime. C'est quitte ou double la folle-dinguerie.
Moi qui ait eu par ailleurs une vie sentimentale mouvementée, je m'interroge : faut-il nécessairement faire des compromis ? Nelly me dit que oui. Dans compromis, il y a compromettre...compromettre une partie de soi, n'est-ce pas se perdre un peu ? moi j'ai peur qu'en faisant des compromis, un jour pas fait comme un autre ça se transforme en reproche.
Je crois donc qu'il faut d'abord apprendre et comprendre l'autre. Trouver un équilibre. Je préfère ça, à l'idée d'abandonner une partie de soi.
Revenons à ce qui se passe dans l'avion. Là, c'est la queue leu leu pour les toilettes. Ils sont un peu fous les gens. Pourquoi sont-ils ainsi tous debout à vouloir aller au même endroit en même temps ?! Ahhhh, les lumières viennent de s'éteindre, je vais enfin pouvoir dormir...


Brésil - 6 novembre 2011

Les lumières sont de nouveau allumées. Il est 8h00 à ma montre, soit 4h heure locale. Il reste 1h50 de vol. Nous traversons le Brésil. Nous allons survoler les chutes d'Iguazu je crois. L'émotion m'envahit, je vais bientôt fouler le pied sur le sol argentin, ça me rend toute chose ! Depuis le temps que j'en rêve, plus d'un an, ça aura passé vite. Une folie ce voyage, mais j'en avais tellement besoin à l'époque, peut-être un peu moins maintenant, mais après Cuba, il me fallait donc aller plus loin, j'avais été déçue par la Crète l'an dernier, et donc approcher des gens encore plus différents. J'avais vraiment adoré mon voyage à Cuba. J'avais été très touchée par les gens là-bas. Heureux de vivre, mais je les ai sentis aussi très mélancoliques. Quand j'entends Ibrahim Ferrer chanter Dos Gardenias, que de frissons ! Dos Gardenias, c'est tout Cuba, le sourire aux lèvres et les larmes au fond des yeux. Et quelle gentillesse, les cubains, j'ai des centaines de sourires qui me reviennent en mémoire rien que de parler d'eux.

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23/09/2013

ça y est, c'est décidé, je fais mon entrée dans la blogosphère !

Qui suis-je ? Sabine, une maman qui aime, qui bosse, qui mange, qui dort, qui aime, qui bosse, qui mange, qui dort.....et dans sa tête, plein de choses : des tristes, des jolies, des envies, des rêves, des pensées roses et noires, un fourmillement de neurones tantôt au repos, tantôt en ébullition, souvent en émerveillement, encore plus depuis l'arrivée de son enfant, mon petit cœur, le petit lapin, le petit poulet, mon canari, ma vie, mon plus beau voyage, mon plus beau cadeau, le plus beau, le plus beau, le plus beau ! Donc, me voilà ! 

Ecrire ou ne pas écrire... Il y a bien longtemps que je me suis dit "tiens, tu devrais écrire". Et oui, on m'a souvent complimenté sur mon écriture. Aligner des mots, les faire sonner, vibrer les uns les autres, jongler avec les verbes et les sujets....j'adore ça ! et a priori, ça se sent....alors quand mon chéri m'a lancé via téléphones interposés, lui en IPhone, moi en BlackBerry, "tu n'écris pas, quel gâchis", je me suis donc vraiment, mais vraiment décidée à me lancer.

Bizarrement, je n'aime pas lire. Comment peut-on aimer écrire sans aimer lire ? lorsque j'étais petite, je dévorais mes livres de classe avant même la rentrée, j'aimais lire parce que j'apprenais des choses. Puis chemin scolaire faisant, arrivant en première avec toute la panoplie de bouquins imposés pour le bac français, lire fût pour moi une corvée et depuis, du haut de mes presque 38 ans, 90% des bouquins qui figurent dans ma pseudo-bibliothèque ont été commencés, jamais terminés. Ce n'est pas par manque de temps, mais dès les premières pages, très vite, je lâche le livre, soit que l'histoire ne me plaît pas, soit que ça ne va pas assez vite, soit que je n'accroche pas au style, soit que les mots renvoient à des images qui ne m'évoquent rien ou que j'ai l'esprit ailleurs, allez savoir. Bref, tout un tas de raisons qui font que je ne lis pas. Si on analyse un peu la chose, peut-être que je n'aime pas que l'on me raconte des histoires ?

D'où mon frein intérieur à ne pas écrire. Ecrire, c'est bien, mais pour raconter quoi ? intéresser qui ? tomber sur une Sabine qui va lâcher un quart d'heure après avoir commencé parce qu'elle s'emmerde, qu'elle a autre chose à faire, parce que "vraiment là, mais qu'est-ce qu'il veut dire, je n'y comprends rien, il faut que je re-re-relise, j'ai dû louper quelque chose entre le 2e paragraphe de la 3e page, et le 4e paragraphe de la 5e page" ? alors non mais alors pas du tout,  pas du tout envie de faire chier les gens à raconter ma vie, mes amours, mes emmerdes. 

Puis passant un peu de temps à surfer de blogs en forums à la faveur de mon récent congé maternité, en y réfléchissant un peu, je me dis aussi que finalement, énormément de gens écrivent, c'est donc qu'il y en qui aiment lire...au mieux on consommera mes mots un peu, peut-être beaucoup, au pire on me zappera et ma flopée de mots s'en iront perdus dans les limbes de la blogosphère.  

Je me lance et vais donc vous livrer toutes mes pensées, des plus roses aux plus noires....les pensées d'une maman moderne, en proie au bonheur et à l'angoisse, frémissante et jubilatoire ! Je n'ai pas de sujet en tête, mais sans aucun doute, mon expérience de la grossesse, de la maternité, et de l'allaitement - parcours du combattant, la vie qui défile, le temps qui passe et qui fait peur, ce monde qui va trop vite, les gens qui ne s'écoutent pas, qui parlent mal, les problèmes de communication mis à toutes les sauces, etc. Il y a beaucoup à dire ! A très vite !!